Journal de bord d'un périple au long cours sur les océans Atlantique et Pacifique sur notre voilier "Ramatoa". Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
Avec l'escale de Soure sur l'île de Marajo, nous entrons réellement en Amazonie qui reste la dernière partie sauvage de notre planète. Ce continent vert s'étend sur 9 pays et couvre près de 6 millions de kilomètres carrés, soit près de 11 fois la superficie de la France. Rien qu'au Brésil, l'Amazonie couvre 60 % de la superficie du pays concentrant 4 % de sa population. 70 % des terres d'Amazonie sont couvertes par la forêt qui renouvelle à elle seule près de la moitié de l'oxygène de la planète...
Le fleuve Amazone, qui donne son nom à la région, avec ses 6300 km est le plus long fleuve du monde. Il prend sa source au Pérou et charrie 20 % des eaux douces du globe (sans compter l'antarctique) et est grossi par des milliers de fleuves et rivières. A la saison des crues, sa largeur par endroit peut atteindre 20 km. A Manaus l'étiage du fleuve peut atteindre 15 à 20 mètres.

Nous visitons deux fazendas où nous sont présentés les buffles et la faune de l'île riche de très nombreux oiseaux, en particulier on découvre de nombreux ibis rouges et des aigrettes. A la fazenda Araruna, une troupe de jeunes danseurs nous fait découvrir la culture de l'île de Marajo, un mélange de culture indienne marajõaras et de traditions coloniales. La population fortement métissée possède des traits très fins.


Les visites dans les fazendas, sont l'occasion pour les uns et les autres de monter à cheval ou de chevaucher à dos de buffles.... la croisière s'amuse ! A Soure il y a même une unité de police montée à dos de buffles.
Soure, petite ville de 6 à 10 000 habitants, est assoupie sur le bord du rio Paracauari la principale artère, bien plus que les ruas et avenidas tirés aux cordeaux et à angles droits, numérotés comme à New York.... mais la comparaison s'arrête là !
Au mouillage sur le rio, à proximité de la trapiche (débarcadère municipal), nous sommes aux premières loges pour observer la vie du fleuve, les allées et venues des innombrables embarcations (très bruyantes car dotées de moteurs diesel à échappement libre !) de tous types et de toutes tailles. La route goudronnée s'arrête à Soure, le bac antique (une barge et son pousseur poussif) fait traverser les automobiles et poids lourds au milieu du courant du rio (3 à 4 noeuds de jus).
A Soure, la vie est calme, le temps s'écoule doucement et nous entrons doucement en Amazonie. Au marché Dominique découvre quelques-unes des 400 variétés de fruits. Le climat est différent : chaud mais pas trop chaud et surtout très humide. Il pleut fréquemment, de bonnes avalasses qui remplissent réservoirs et bidons par le biais d'une bâche en guise de récupérateur d'eau de pluie (sur l'Amazone, nos désalinisateurs sont inopérants). Il y a des moustiques, mais les moustiquaires et nos habitudes vestimentaires adaptées dès la tombée de la nuit, permettent de cohabiter avec ces petites bêtes et de plus nous prenons quotidiennement un traitement antipaludéen.
La petite semaine d'acclimatation à l'Amazonie se termine, et demain jeudi 8 mars nous partons pour rejoindre Belem, 45 milles plus en amont sur le rio Para. Nous devrions atteindre ce port mythique avec l'aide du courant de marée huit heures plus tard. Commence ici la navigation en convoi pour les 19 bateaux du rallye.