Journal de bord d'un périple au long cours sur les océans Atlantique et Pacifique sur notre voilier "Ramatoa". Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
Le vendredi 10 mars nous avons quitté Soure en convoi pour rejoindre Belém 45 milles plus en amont dans le fleuve. Quelques six à sept heures plus tard les bateaux prennent un mouillage devant l'hôtel Beira Rio sur le rio Guamà.
Belém ville mythique, n'est pas au bord de l'Amazone, en réalité elle s'étale le long d'un immense bras du fleuve issu de la rencontre du rio Para (qui communique en amont avec l'Amazone) et du rio Tocantins. La ville installée sur un cap plat s'avance en rondeur d'est en ouest dans la baie de Guajara.
En 1616 les premiers Portugais s'installent et fondent Belém. Appelé alors Para, c'était du XVI° au XVIII° siècle la capitale administrative du royaume du Portugal au Brésil, le cerveau de l'activité des Jésuites en Amazonie, le poumon économique commerçant en direct avec Lisbonne et l'Europe.


Fort bien accueilli par la municipalité, nous avons fait un tour de la ville en bus et avons vu en particulier - le marché « Ver O Peso » qui passe pour être le plus beau marché du Brésil - la place de la république avec un grand parc dans lequel s'élève le « Teatro da Paz » folie de la période du boom du caoutchouc - « l'Estacao das Docas » sont d'anciens docks réhabilités de très belle manière qui abritent des restaurants, des expositions et des foires – le « Forte de Castelo » une citadelle où naquit la ville en 1616 – le « Palais des Onze Fenêtres » du XVIII°, ancien palais du gouverneur – la basilique « Nossa senhora de Nazaré » construite en 1908 sur le modèle de la basilique Saint pierre de Rome – et enfin le parc botanique qui présente une large variété de la faune et de la flore de l'Amazonie.

En face de Belém, de l'autre coté du fleuve sur une île, appelée l'île aux perroquets, nous avons assisté, au lever du soleil, à l'envol de plusieurs dizaines de milliers de perroquets dans un ballet aérien étourdissant et assourdissant de cris. Nous n'avons pas regretté de nous être levés de très bonne heure !
Les six jours de notre escale à Belém défilent à toute vitesse, car il faut aussi penser à l'avitaillement, aux pleins d'eau de gasoil, d'essence et de gaz, déposer les ballots de linge, aller chercher du liquide à la banque... car la prochaine grande ville sera Santarem dans un peu plus d'un mois ! Heureusement Hubert est arrivé le 12 mars au soir et il nous donne un sérieux coup de main pour ces tâches logistiques ingrates. Les journées sont longues, chaudes et humides, le grain de 15 ou 16 heures est une spécialité locale très prisé des habitants de Belém qui ont l'habitude de fixer des rendez-vous avant ou après l'avalasse !

